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Mémoire - L’urbanisme transitoire, vers un urbanisme relationnel ?

Type du projet

Mémoire de master 1

Date

Avril à Août 2023

Un urbanisme relationnel au service d’une fabrique urbaine plus intégrée ?

- L'urbanisme transitoire, un outil réinventant nos contextes urbains ?
- L'urbanisme transitoire, un nouvel instrument collaboratif et relationnel de la fabrique urbaine ?
- Etude de cas : Maison Malepère (Toulouse) entre acceptation, expérimentation ou adaptation ?


Dans nos sociétés actuelles, nous sommes face à ce que l’on pourrait appeler des « crises plurielles ». On entend par là une crise tant sociale, de par des rapports sociaux plus « représentés que vécus », qu’environnementale avec la dégradation de nos environnements naturels, des ressources et de la biodiversité, que politique et économique, où notre système est fondé sur une économie de la connaissance, de l’information et de la communication en flux international qui engendre une ségrégation socio-spatiale. Ces crises mettent en évidence une certaine évolution de nos visions et de nos modes d’agir.

Dans le domaine de l’urbanisme et de la fabrique de la ville, on a longtemps pensé la ville de façon monofonctionnelle depuis les années 70’. Chaque espace était le fruit représentatif de telle ou telle fonction, sectorisées les unes des autres, créant des îlots dans certains cas déconnectés comme des quartiers d’affaires sans vie nocturne, des quartiers à seule fonction comme résidentielle. Les aménagements, bâtiments, quartiers et espaces publics se sont standardisés et ont atrophié la mémoire territoriale.

Les propos d’Olivier Dain Belmont, mettent bien en évidence la crise urbaine que nous connaissons actuellement. La ville est devenue un espace dépourvu de sa fonction première, à savoir : créatrice d’interaction et mise en évidence de la notion de ce qui fait commun.
On a démarqué l’humain et la nature par l’urbain : « Socialement, la ville est de plus en plus vue comme un espace qui a perdu sa vie commune, sa rêverie, son imagination et ce sont ses aspects les plus sombres qui en sont ressortis tels que la pollution, l’hyperdensité, l’insécurité etc... II faut réinventer, mais surtout réenchanter la ville pour une symbiose des écosystèmes humains/naturels » (Olivier Dain Belmont).
Nous avons aussi standardisé nos façons de faire et notre artisanat pour favoriser l’émergence d’une fabrique de la ville déconnectée des traits du vivant, à savoir, l’évolution de l’objet : « Dans la construction, l’imprévu, la fantaisie, la surprise n’ont plus de place. La ville perd sa vitalité en construisant des objets standardisés pensés pour tout le monde et au final, on ne construit plus pour personne, car l'on interdit à cet objet d’évoluer ».
« En ne construisant plus pour personne, le vivre-ensemble s’en trouve inhibé, car la ville n’appartient plus aux habitants ». Les nouveaux projets émergents se retrouvent, pour la plupart, sans correspondance avec les besoins du territoire, ni à son histoire. On a donc ici, l’idée de reconnecter la fabrique urbaine avec son environnement, ses habitants dans le but d’engendrer un sentiment d’appropriation de l’espace urbain.
Par ce biais : « L’appropriation passe par le choix et la participation, la pérennité et la transformation, la durabilité et l’usure ainsi que par la mémoire. La ville doit devenir l’expression des principaux usagers la vivant au quotidien, créant de l’histoire, elle doit devenir une structure collective vivante ». Cela fait écho à la volonté de se réapproprier les lieux communs, comme les places, les rues... par le recueil d'usages et de tentatives d’animations. C’est donc ce que propose l’urbanisme transitoire.

Ce plaidoyer fait écho à ma propre pensée qui a émergé depuis que j’ai pris connaissance d’une nouvelle vision urbaine qu'est l'urbanisme transitoire. En tant qu’usagère de l’espace public, j’ai aussi mon propre regard d’analyse sur ce qui fait la ville. Nous continuons à appeler nos places des « places » alors qu’elles n’ont dorénavant plus la fonction qu’elles avaient autrefois. Espace de rencontre, de vie locale animée par la présence de commerces et d’artisanats, espace où l’on construisait des liens et de la vie à l’époque médiévale, la place est devenue un espace de transit, tout comme la rue et comme la plupart de nos espaces urbains, où nos personnalités se croisent sans jamais se rencontrer. La ville est devenue un espace impersonnel.

Cependant, en raison du contexte actuel porté par un changement drastique, nous connaissons des évolutions très rapides de notre société. Nos modes de faire en sont impactés de part des changements sociétaux rapides, marqués par cette épée de Damoclès du « monde incertain » (Mallet S., 2020). Les changements climatiques que nous sommes en train de vivre, les signaux d’alarmes de la part de la communauté scientifique sur ce phénomène (GIEC), nous font prendre conscience que nous ne pouvons plus prévoir sur du long terme la question des ressources, des usages et des besoins. L’urbanisme en est impacté car ce sont des composantes de nos sociétés et dans ce champ, l’évolution se fait par la naissance de cet outil qui est apparu dans les années 2010 en France : l’urbanisme transitoire.
Les méthodes employées se veulent plus incrémentales et itératives, les propositions plus aptes à s’adapter aux changements et à se confronter à l’incertitude (Mallet S., 2020).

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